Audit énergétique au Québec : par où commencer en 2026

Audit énergétique au Québec : ce qu'il examine, les outils, Rénoclimat depuis octobre 2026, les niveaux ASHRAE et l'ordre des travaux pour éviter les erreurs coûteuses.

janvier 15, 2026 9 min de lecture Grand Montréal

Un audit énergétique répond à une question simple : où votre bâtiment perd-il son énergie, et dans quel ordre faut-il corriger les choses? Le contexte a aussi beaucoup bougé : le programme Rénoclimat a été refondu le 1er octobre 2026 et les programmes fédéraux Maisons plus vertes sont fermés. Voici comment s’y retrouver, avec des informations vérifiées en octobre 2026.

Pourquoi faire un audit énergétique

  • Le confort : courants d’air, pièces froides, planchers glacés et condensation sur les fenêtres ont presque toujours une cause mesurable.
  • Les factures : on cible d’abord les pertes les plus importantes plutôt que les travaux les plus visibles.
  • La valeur du bâtiment : un dossier documenté rassure un acheteur, un prêteur ou un assureur.
  • Le financement : pour un immeuble locatif existant, le programme MLI Select de la SCHL accorde des points selon la réduction de la consommation d’énergie visée (15 %, 25 % ou 40 % par rapport à la performance actuelle).
  • Les subventions : la plupart des programmes exigent des mesures, des preuves et un ordre de travaux précis.

Résidentiel ou commercial et multilogement : deux approches

Pour une maison ou un petit plex, la référence au Canada est le Système de cote ÉnerGuide : une évaluation standardisée, faite par un conseiller agréé rattaché à un organisme de services enregistré, qui modélise la consommation de la maison et la compare à une référence. Pour un immeuble commercial, institutionnel ou un grand multilogement, on parle plutôt d’audits selon les niveaux ASHRAE (voir plus bas), qui intègrent l’analyse des systèmes centraux, de la régulation et du profil de consommation réel.

Ce qu’un audit examine

L’enveloppe

  • Isolation : entretoit, murs, solive de rive, fondations, planchers exposés.
  • Étanchéité à l’air : souvent la première source de pertes et d’inconfort dans les bâtiments anciens.
  • Fenêtres et portes : état des scellés, performance du vitrage, installation.

Les systèmes mécaniques

  • Chauffage et climatisation : type, âge, dimensionnement, régulation.
  • Ventilation : présence et fonctionnement d’un ventilateur récupérateur de chaleur (VRC) ou d’énergie (VRE), extracteurs, débits.
  • Eau chaude domestique et récupération de chaleur.

La toiture

L’entretoit concentre souvent les plus grosses fuites d’air chaud. Isolation insuffisante, ventilation déficiente ou fuites d’air vers le grenier mènent à des barrages de glace et à de la condensation.

Les outils

  • Le test d’infiltrométrie (porte soufflante) : un ventilateur met le bâtiment en dépression pour mesurer son étanchéité, exprimée en changements d’air à l’heure à 50 pascals (CAH50). Il fait partie de toute évaluation ÉnerGuide.
  • La thermographie infrarouge : elle rend visibles les zones froides, les fuites d’air et l’humidité. Combinée à la dépressurisation, elle localise précisément les fuites. Voir notre article Thermographie : ce que la caméra révèle.
  • L’analyse des données : 12 à 24 mois de factures d’électricité ou de gaz, normalisées selon la météo, et pour les immeubles, l’appel de puissance et les horaires de fonctionnement.

Voie officielle ou diagnostic technique?

Rénoclimat depuis le 1er octobre 2026

Selon le gouvernement du Québec, le volet Efficacité énergétique de Rénoclimat fonctionne maintenant ainsi :

  • L’évaluation énergétique avant travaux n’est plus obligatoire, mais recommandée. Elle est faite par un organisme de services enregistré (conseiller agréé ÉnerGuide) au choix du propriétaire, et une aide allant jusqu’à 500 $ est offerte pour ses frais.
  • L’évaluation après travaux est retirée de ce volet.
  • Les travaux doivent être faits après le 1er octobre 2026 par un entrepreneur titulaire des licences RBQ appropriées, avec un formulaire d’attestation de conformité.
  • Mesures admissibles : isolation du toit, des murs extérieurs et des fondations, remplacement de fenêtres certifiées ENERGY STAR (catégorie « les plus écoénergétiques »), et de nouvelles mesures (batterie fixe, raccordement à une source de secours). L’étanchéité, les VRC/VRE, les portes et la récupération de chaleur des eaux de drainage ne sont plus subventionnés.
  • Aide maximale : 21 500 $ pour une maison, 31 000 $ pour un duplex, un triplex ou un immeuble à logements multiples.

Une période de transition permet de terminer un dossier selon les anciennes règles : demande de rendez-vous avant travaux au plus tard le 12 octobre 2026 et évaluation après travaux au plus tard le 31 mars 2027. Le nouveau portail de demande est annoncé pour l’automne 2026; d’ici là, conservez toutes vos pièces justificatives. Un nouveau volet, Rénoclimat – Adaptation, vise aussi la protection contre les inondations.

Les autres programmes

  • LogisVert (Hydro-Québec) : toujours en vigueur en octobre 2026, pour des mesures comme les thermopompes, les accumulateurs de chaleur et l’isolation du toit et le calfeutrage. Hydro-Québec signale que le gouvernement fédéral a annoncé le 8 octobre 2026 des subventions pour thermopompes à compter de 2027, sans détails pour l’instant.
  • Subvention canadienne pour des maisons plus vertes : fermée aux nouvelles demandes; la date limite pour terminer un dossier ouvert était le 31 décembre 2025. Le prêt du même nom a accepté ses dernières demandes le 1er octobre 2025.

Ce qui distingue un diagnostic technique

Évaluation ÉnerGuide (Rénoclimat) Diagnostic technique du bâtiment
But Cote standardisée, recommandations, accès à l’aide Comprendre les causes : fuites, humidité, défauts, état des systèmes
Résultat Cote ÉnerGuide et rapport normalisé Constats documentés, images thermiques, plan de priorités
Quand Avant de planifier des travaux subventionnés Problème de confort ou d’humidité, achat, planification à long terme

Les deux se complètent : le diagnostic explique pourquoi le bâtiment se comporte ainsi; la cote mesure combien il consomme selon une méthode reconnue.

Bâtiments commerciaux et multilogements : les niveaux ASHRAE

  • Niveau 1 : visite et analyse des factures; repère les mesures simples et peu coûteuses et les pistes à approfondir.
  • Niveau 2 : relevés détaillés et calculs d’économies et de coûts pour chaque mesure; c’est le niveau habituel pour bâtir un plan d’investissement.
  • Niveau 3 : analyse approfondie des projets majeurs, avec mesures sur le terrain ou simulation, pour appuyer une décision d’investissement importante.

Côté aide financière, Hydro-Québec offre son programme Solutions efficaces, qui comprend un volet Analyse énergétique (guide de mars 2026). Le programme ÉcoPerformance du gouvernement du Québec fonctionne sous un nouveau cadre normatif depuis le 7 juillet 2026; depuis le 1er septembre 2026, il n’accepte plus de nouvelles demandes de remise au point des systèmes mécaniques (RCx). Vérifiez toujours l’admissibilité avant d’engager des travaux.

Prioriser les travaux

  1. Régler l’eau d’abord : infiltrations, toiture, drainage. On n’isole pas par-dessus un problème d’humidité.
  2. Étanchéité à l’air : entretoit, solive de rive, traversées de plomberie et d’électricité.
  3. Isolation : là où le rapport coût-gain est le meilleur, souvent l’entretoit et les fondations.
  4. Fenêtres : lorsqu’elles sont en fin de vie ou clairement déficientes.
  5. Ventilation : une maison plus étanche a besoin d’un apport d’air neuf contrôlé.
  6. Chauffage et climatisation : dimensionnés sur la nouvelle charge, une fois l’enveloppe améliorée.

Erreurs courantes

  • Installer une thermopompe avant de colmater les fuites : l’appareil est dimensionné pour des pertes qui vont diminuer et fonctionnera moins bien.
  • Resserrer l’enveloppe sans ventilation : humidité, condensation, moisissures et qualité de l’air dégradée.
  • Commencer les travaux sans vérifier les conditions d’un programme (dates, entrepreneur RBQ, pièces justificatives).

Comment Boreon vous aide

Boreon réalise des diagnostics techniques de l’enveloppe et des systèmes mécaniques. Notre équipe réunit des techniciens, des inspecteurs certifiés InterNACHI et un ingénieur membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec. La thermographie est incluse dans chaque inspection : elle nous permet de localiser les fuites d’air, les manques d’isolant et les zones humides plutôt que de les supposer. Nous examinons la toiture, l’entretoit, la ventilation, le chauffage et l’eau chaude, puis nous remettons un plan de priorités clair : quoi corriger, dans quel ordre, et pourquoi.

Boreon n’est pas un conseiller accrédité ÉnerGuide et notre diagnostic ne remplace pas une cote ÉnerGuide : si vous visez Rénoclimat, l’évaluation officielle doit être faite par un organisme de services enregistré. Notre rôle vient en complément, pour comprendre les causes et prioriser les travaux. Notre rapport vous aide toutefois à arriver préparé et à bien choisir vos travaux. Pour un immeuble, voyez notre évaluation de bâtiment ou notre service d’expertise-conseil.

Parlez-nous de votre bâtiment

FAQ

L’évaluation Rénoclimat est-elle encore obligatoire?

Non. Depuis le 1er octobre 2026, elle est facultative mais recommandée dans le volet Efficacité énergétique, et une aide allant jusqu’à 500 $ couvre ses frais. Les dossiers entamés selon les anciennes règles suivent la période de transition.

La thermographie remplace-t-elle le test d’infiltrométrie?

Non, ils se complètent. Le test mesure l’étanchéité globale; la caméra montre où se trouvent les fuites et les défauts d’isolation.

Dois-je installer ma thermopompe avant ou après l’isolation?

Idéalement après l’amélioration de l’enveloppe, pour que l’appareil soit dimensionné sur les besoins réels du bâtiment.

La subvention fédérale Maisons plus vertes existe-t-elle encore?

Non, elle est fermée aux nouvelles demandes, et le prêt associé n’accepte plus de demandes depuis le 1er octobre 2025. Un programme fédéral pour les thermopompes a été annoncé pour 2027; ses détails restent à confirmer.

Quel niveau ASHRAE choisir pour mon immeuble?

Un niveau 1 suffit pour un premier portrait; un niveau 2 est généralement requis pour planifier et financer des travaux; le niveau 3 sert aux projets majeurs.

Étude de cas

Exemple concret : un isolant de toiture mouillé peut faire grimper les factures d’énergie. Voyez comment un relevé thermographique l’a démontré sur un bâtiment industriel. Lire l’étude de cas →

Sources

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