Depuis le 14 août 2025, le règlement d’application de la Loi 16 encadre concrètement la gestion des copropriétés divises au Québec. Chaque syndicat doit désormais tenir un carnet d’entretien, faire réaliser une étude du fonds de prévoyance et produire une attestation lors de la vente d’une unité. Les copropriétés existantes disposent d’un délai de trois ans, soit jusqu’au 15 août 2028, pour se conformer. Attendre la dernière minute revient à courir un risque financier évitable : sans étude rigoureuse, une cotisation spéciale imprévue peut tomber sur les copropriétaires au pire moment.
Ce que la Loi 16 exige vraiment
La Loi 16 vise un objectif simple : que chaque copropriété connaisse l’état réel de son immeuble et provisionne assez d’argent pour l’entretenir sans mauvaise surprise. Trois obligations en découlent.
Le carnet d’entretien. C’est la mémoire technique de l’immeuble : inventaire des composantes, historique des travaux, calendrier d’entretien préventif. Il sert de base à l’étude du fonds de prévoyance et se révise dans le temps. Un carnet bien tenu transforme une gestion réactive, où l’on répare quand ça casse, en gestion planifiée, où l’on anticipe.
L’étude du fonds de prévoyance. Elle projette l’état et la durée de vie résiduelle de chaque système sur un horizon de vingt-cinq à trente ans, puis chiffre les travaux à venir et le niveau de cotisation nécessaire. Elle se met à jour tous les cinq ans. C’est le coeur du dispositif : sans elle, le montant des cotisations relève du hasard.
L’attestation du syndicat. Lors de la vente d’une unité, le syndicat fournit un portrait à jour de la situation. Un acheteur averti la lira attentivement, car elle révèle la santé financière du collectif qu’il s’apprête à rejoindre.
Le détail des règles est présenté sur le site du gouvernement du Québec.
Les dates à retenir
Le règlement est entré en vigueur le 14 août 2025. Les copropriétés dont le contrôle appartenait déjà aux copropriétaires bénéficient d’un délai de trois ans pour se conformer, soit jusqu’au 15 août 2028. Trois ans paraissent loin, mais une étude sérieuse demande une visite, une analyse et une rédaction, et les prestataires compétents se remplissent à mesure que l’échéance approche. Amorcer tôt coûte moins cher et évite la ruée de dernière minute.
Pourquoi une étude rigoureuse change tout
Une déficience technique n’est pas qu’un problème de brique ou de membrane : c’est un coût différé qui attend son heure. Une toiture en fin de vie, une maçonnerie fatiguée, des systèmes mécaniques d’époque, tout cela a une durée de vie finie. Lire cette durée de vie résiduelle transforme une liste de constats en calendrier de décisions financières : quel montant, à quelle échéance, avec quelle cotisation.
L’enjeu que beaucoup de syndicats sous-estiment, c’est la cotisation spéciale imprévue. Quand la réserve est insuffisante et qu’un gros poste tombe, comme une réfection de toiture, la facture est répartie d’un coup entre les copropriétaires. Une étude ancrée sur l’état réel du bâtiment lisse ces dépenses dans le temps et protège la trésorerie du collectif.
Il y a aussi un angle souvent oublié : le financement. Un immeuble documenté, avec une réserve adéquate, rassure les prêteurs et les assureurs. À l’inverse, un déficit de réserve ou un dossier technique incomplet se paie en conditions de financement lors d’un refinancement ou d’un renouvellement de convention.
Copropriété ou coopérative : deux régimes, un même besoin
La Loi 16 encadre les syndicats de copropriété divise. Une coopérative d’habitation est une structure juridique distincte et n’y est pas assujettie. Le besoin, lui, reste identique : connaître l’état réel des immeubles, anticiper les travaux et planifier les capitalisations. Pour une coop, le bilan de santé des immeubles joue le même rôle qu’une étude de fonds de prévoyance pour un syndicat, avec un livrable presque identique, utile pour planifier ou appuyer une demande de financement.
Comment Boreon aborde le mandat
Notre approche part de la science du bâtiment et débouche sur des chiffres exploitables. Nous inspectons les composantes, évaluons leur durée de vie résiduelle, projetons les travaux et les coûts, puis recommandons un niveau de cotisation défendable en assemblée. Le livrable est clair, hiérarchisé et présentable devant copropriétaires comme devant membres de coopérative.
Notre analyse porte sur l’état technique et son impact financier. Elle ne constitue pas une évaluation de la valeur marchande, un acte réservé aux évaluateurs agréés. Elle la complète sans s’y substituer. Pour les immeubles où la toiture ou l’enveloppe pèsent lourd dans le budget, nous documentons au besoin par thermographie, et vous trouverez des exemples de défauts courants dans notre section problèmes courants.
Pour un immeuble commercial, institutionnel ou à usage mixte, la même logique s’applique à plus grande échelle avec le bilan de santé du bâtiment (BCA).
Par où commencer
La marche à suivre est simple : faire établir ou mettre à jour le carnet d’entretien, commander l’étude du fonds de prévoyance sur cette base, puis ajuster les cotisations selon les résultats. Plus vous amorcez tôt, plus vous étalez l’effort et plus vous gardez la main sur le calendrier.
Vous administrez un syndicat ou gérez une copropriété ? Parlons de votre échéancier et de votre immeuble. Voyez notre service d’étude de fonds de prévoyance et de carnet d’entretien, ou demandez une soumission.